Pliée en deux dans la terre rouge

Je bêchais, sarclais, semais

Et le mil venait en pousses tendres

Dans la langueur du soir

Mêlés aux chants des grilllons

Et aux bêlements des chèvres

Fusaient les cris et les rires des enfants

Aussitôt couverts par la musique

La musique du village

Le chant de mon enfance

Enfance déchirée

A jamais enterrée

Coupée, lacérée

Bouche cousue, lèvres cousues 

Femme cousue, femme silencieuse

Douleur silencieuse

Rouge la terre

Rouge la poussière

Rouges les rubans de ma robe

Rouge le sang qui s’écoule

Excisée avec une lame de rasoir rouillée

Infibulée avec du fil de chanvre

Mon ventre

Dur comme fer

A tué l’enfant que je portais

Je suis partie avec lui

Dans le sang et la terre rouge.

 

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