La machette coupe les feuilles de bananier

Taillent les branches de papayer

Bercée par le rythme des mouvements

Bercée par mes chants

Merveille s’endort

La tête sur mon dos

Mais les hommes entrent dans la case

Massacrent mon mari et mon fils

Tirent Merveille

Ma petite fille chérie

Par les cheveux

Se jettent sur elle

Enfoncent leur poison

Dans son ventre et dans sa tête

Merveille hurle son dernier souffle de vie

Alors ils viennent vers moi

Me supplicient

Coupent le bras qui se défend

Coupent le sein qui nourrit

Déchirent mon ventre

Et brûlent tout

Je rampe vers la lumière

Et le fruit de leur barbarie

Commence à grandir en moi

Le crocodile m’a attrapé le pied

Et tirée au fond de l’eau

Dois-je jeter l’enfant dans le fleuve ?