Il s’est approché

Doucement, tout doucement 

M’a caressée dans un murmure chaud

Son souffle sur la peau de ma joue

Il a pris du fil de soie, un fil très solide

Il a entouré ma taille avec

Il est descendu avec le fil jusqu’aux chevilles

Et les a attachées

Il a tiré le fil sur toute la longueur de mes jambes

Et l’a noué au fil de taille

Ensuite il est redescendu jusqu’aux chevilles

Et ainsi de suite

Il a alors passé le fil perpendiculairement

Tissant une toile d’araignée fine et résistante

De la taille aux chevilles

Entourant mes jambes et mes cuisses

Dans de savants entrelacs

Je ne savais pas où il voulait en venir

Il a ceint ma taille avec un corset de satin

Je sentais les baleines rigides

Elles me blessaient, entraient dans ma chair

Y laissaient sans doute

Les traces rouges et bleues d’un marquage au fer

Il a noué les cordons du corset en serrant si fort Que j’ai toussé et suffoqué

Je cherchais l’air

Je cherchais à me dégager

Il m’a embrassée et caressé le visage

Le souffle chaud sur ma joue

La lame froide sur ma peau

Et la brûlure de l’entaille

La chaleur du sang qui s’écoule

Mon regard se porta sur la gangue de soie Entravant mes jambes et

A travers le quadrillage du fil

Je vis s’échapper le tulle et les plumes de ma robe Enfin je pris mon envol

Libre.